Les ministres de la CARICOM rejettent le durcissement des sanctions américaines contre Cuba, deux États se réservant

Les ministres des affaires étrangères de la Communauté caribéenne, ainsi que Cuba, ont déclaré mercredi être profondément préoccupés par ce qu’ils considèrent comme une intensification de la pression économique, commerciale et financière des États-Unis sur La Havane.
Le Guyana et Trinité-et-Tobago ne se sont pas associés à la position régionale publiée par le Conseil des relations étrangères et communautaires de la CARICOM, connu sous le nom de COFCOR. Les deux pays font partie de l’alliance dirigée par les États-Unis Shield of the Americas, un dispositif de sécurité de l’hémisphère occidental réunissant 17 pays, lancé en mars 2026 pour soutenir le partage de renseignements, les efforts antidrogue, l’action contre la criminalité transnationale organisée et la coopération en matière de sécurité migratoire.
Le COFCOR a déclaré que la pression supplémentaire exercée sur Cuba aggravait les conditions humanitaires et se faisait également sentir parmi les Caribéens qui résident ou étudient sur l’île. “Les difficultés croissantes auxquelles fait face le peuple cubain ont aussi de graves répercussions sur les ressortissants de la CARICOM qui étudient et vivent à Cuba, dont le bien-être demeure une priorité pour la Communauté”, ont déclaré les ministres.
Le conseil a critiqué les nouvelles mesures annoncées par Donald Trump, après que son administration a publié un décret visant la participation étrangère à l’économie cubaine. Trump a déclaré que les “politiques, pratiques et actions” de Cuba portaient atteinte aux intérêts américains et étaient contraires aux “valeurs morales et politiques des sociétés libres et démocratiques”.
Les mesures annoncées comprennent des restrictions plus larges destinées à empêcher des entreprises et des particuliers étrangers de faire des affaires dans certaines parties de l’économie cubaine, selon les décisions des départements américains du Trésor et d’État. Elles s’ajoutent à l’embargo commercial et économique américain de longue date contre La Havane.
Des responsables américains ont également engagé plus tôt ce mois-ci des poursuites pénales contre l’ancien président cubain Raúl Castro, avec des accusations comprenant complot en vue de tuer des ressortissants américains, destruction d’un aéronef et meurtre.
Le COFCOR a déclaré que les dernières initiatives de Washington intensifient des sanctions qui touchent Cuba depuis plus de 60 ans. “Ces mesures aggravent l’embargo commercial et économique imposé à Cuba depuis plus de six décennies, qui a eu un effet délétère sur la vie et les moyens de subsistance du peuple cubain”, indique le communiqué.
Les ministres se sont également opposés aux efforts visant à entraver l’accès de Cuba à l’énergie, affirmant que ces actions contribuent à aggraver une urgence humanitaire. “Le COFCOR affirme sans équivoque le droit souverain de Cuba d’importer et de recevoir du carburant, et condamne l’obstruction des approvisionnements énergétiques à Cuba, qui a précipité une grave crise humanitaire”, ajoute le communiqué.
Le groupement régional a également mis en garde contre tout renforcement militaire impliquant Cuba, soulignant de nouveau la position de longue date de la CARICOM selon laquelle la Caraïbe doit être maintenue comme une “Zone de paix”. “Le COFCOR réaffirme la nécessité de préserver la Caraïbe comme Zone de paix et exprime son inquiétude face à de récentes déclarations suggérant la possibilité d’une agression militaire contre la République de Cuba”, ont déclaré les ministres.
Selon les ministres, une action militaire compromettrait la sécurité régionale et entraînerait des difficultés inutiles dans toute la Caraïbe.
Ils ont également réaffirmé la position adoptée chaque année par une écrasante majorité des États membres des Nations unies contre l’embargo américain, affirmant que Cuba “ne constitue une menace pour aucune nation” et continue de travailler avec la communauté internationale élargie.
Le COFCOR a déclaré que le recours continu à des sanctions unilatérales contre Cuba constitue “une violation injustifiable des droits humains, des principes du libre-échange et des normes fondamentales régissant les relations entre États souverains”.
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