Habitants de Granville et conseiller du PNP contestent le récit de la police sur la mort de l'adolescent TJ Edwards, tué à la fête des Mères
Des voisins ont manifesté lundi à Granville, St. James, alors que la mère d'un adolescent de 17 ans mort lors d'une opération de police à la fête des Mères s'exprimait publiquement, en proie au deuil. La Commission indépendante d'enquête (INDECOM) l'a identifié comme TJ Edwards, de Granville. L'INDECOM recense sa mort parmi onze fusillades mortelles imputées aux forces de sécurité qu'elle enquête et indique avoir recensé 126 incidents de ce type depuis le début de l'année.
La mère a refusé de donner les deux noms, mais a insisté sur le fait que son fils s'était rendu. « Mon fils s'est rendu. On demande à un jeune de lever les mains et on lui tire quand même dessus », a-t-elle déclaré. Elle affirme que les agents l'ont fouillé sans trouver d'arme, contredisant le récit de la Jamaica Constabulary Force (JCF).
Selon des informations attribuées à la JCF, une unité était dans le quartier vers six heures dimanche matin pour traquer des hommes recherchés ; en se retirant, des agents se seraient approchés de l'adolescent, une altercation aurait éclaté et il aurait été abattu. La police affirme avoir saisi sur son corps un pistolet noir Taurus G2C à chargeur fixe contenant une cartouche de neuf millimètres.
Les manifestants soutiennent qu'il rentrait d'une fête lorsque des agents l'auraient attaqué sans motif.
Tyrone Gorton a réclamé des poursuites contre l'auteur des tirs. « Je veux voir le policier qui a tiré. Nous voulons qu'il soit traduit en justice. Le jeune s'était rendu. Ce policier devrait comparaître devant un juge et un jury », a-t-il affirmé.
Michael Troop, conseiller du People's National Party (PNP) pour Granville, s'est joint aux habitants dont les pancartes portaient des slogans virulents sur le meurtre. Il a contesté la version officielle, décrivant Edwards comme un jeune discret qui avait aidé à déblayer les débris après les inondations causées par l'ouragan Melissa dans la région en octobre dernier, et a annoncé qu'il organiserait un accompagnement psychologique pour la mère, une militante politique dont le premier fils avait été tué par la police. Il a lié les tensions aux violences du jour de l'An, lors desquelles Roma Bulman, quatre ans, est morte d'une balle présumée tirée par une arme des forces de sécurité et deux hommes ont également été abattus — des dossiers suivis par l'INDECOM.
Troop a minimisé le rôle de l'INDECOM. « Que l'INDECOM vienne enquêter, c'est du n'importe quoi : quand l'INDECOM enquête, on n'entend plus rien », a-t-il argué, citant 117 morts liées à la police depuis janvier, contre 317 ou 320 qu'il attribue à l'année précédente.
La députée de St. James West Central, Marlene Malahoo Fort, s'est rendue à Granville pour apaiser les tensions. Elle a indiqué n'avoir pas été sur place, avoir entendu des récits contradictoires et reconnu que la douleur restait vive. « Tout le monde qui s'est exprimé n'est pas un témoin oculaire direct et il y a beaucoup de traumatismes parce que c'est encore très frais. Le positif, c'est que nous avons des enquêtes indépendantes menées par l'INDECOM et qu'il faudra suivre la procédure », a-t-elle déclaré. Malahoo Fort a évoqué des griefs plus larges à l'encontre du maintien de l'ordre, notamment des appels au port de caméras corporelles, a promis un dialogue continu avec la JCF et a affirmé vouloir une enquête approfondie sans laisser l'agitation s'étendre.
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