
L’Advocates’ Association presse le Sénat de rétablir la détermination des peines d’armes à feu par les juges avant la session de septembre
L’Advocates’ Association of Jamaica (AAJ) presse le Sénat de redonner aux juges le pouvoir d’adapter les peines liées aux armes à feu, estimant que les peines minimales obligatoires fixes produisent des résultats injustes et devraient être révisées avant l’ouverture de la prochaine session judiciaire.
L’association souhaite que ces changements soient en place avant le début de la nouvelle session en septembre.
Dans une lettre du 16 juillet adressée au président du Sénat et aux sénateurs, la présidente de l’AAJ, Tamika Harris, a demandé des amendements urgents à la Firearms (Prohibition, Restriction and Regulation) Act, 2022. Ces réformes permettraient aux juges de s’écarter des peines minimales obligatoires lorsque les intérêts de la justice l’exigent, tout en réservant des peines sévères aux délinquants armés les plus graves.
Harris a réaffirmé le soutien de l’AAJ à une répression ferme des personnes qui commettent des crimes violents avec des armes à feu, mais a déclaré : « Ceux qui utilisent des armes à feu pour commettre des crimes violents doivent recevoir une peine sévère. Cependant, la loi doit aussi être juste, proportionnée et capable de rendre justice dans chaque cas individuel. »
L’association a reconnu que le Parlement doit protéger le public et fixer des peines pour les infractions graves, tout en insistant sur le fait que la détermination de la peine demeure une tâche judiciaire. Les juges, a-t-elle dit, doivent apprécier de manière indépendante les faits, la culpabilité du délinquant et les intérêts de la justice.
Selon l’AAJ, les amendements rétabliraient cet équilibre constitutionnel plutôt que d’affaiblir la position de la Jamaïque face à la violence armée.
Les peines minimales obligatoires, a argué le groupe, empêchent les tribunaux de distinguer les délinquants selon leur culpabilité — primo-délinquants et récidivistes, personnes qui ne font que détenir une arme à feu et celles qui en font usage dans la violence.
Les tribunaux devraient aussi pouvoir tracer des lignes entre les acteurs principaux et ceux en marge ; les adultes qui enrôlent des enfants dans des crimes liés aux armes à feu et les jeunes primo-délinquants qui présentent une réelle possibilité de réhabilitation ; ainsi que les affaires impliquant des armes prohibées par rapport aux armes d’imitation lorsque les faits indiquent une culpabilité nettement moindre.
« Ce sont des situations fondamentalement différentes. La justice exige qu’elles n’attirent pas automatiquement la même peine », a déclaré l’AAJ.
En regroupant ces affaires, a maintenu l’association, on sape l’équité et la proportionnalité dans la détermination des peines.
L’AAJ a en outre exhorté à abroger ou à revoir en profondeur la procédure de certificat prévue à l’article 42K de la Criminal Justice (Administration) Act, la jugeant inutile et inefficace.
En l’état actuel du droit, un juge qui estime qu’une peine minimale obligatoire est excessive doit tout de même l’imposer, puis délivrer un certificat afin que le délinquant puisse solliciter un recours devant la Court of Appeal.
« Si le juge chargé de la peine a déjà déterminé que la peine obligatoire serait injuste, la loi devrait permettre au juge d’imposer immédiatement une peine proportionnée », a argué l’association.
Elle a aussi proposé de conférer à la Court of Appeal un pouvoir statutaire clair d’aller en deçà du plancher obligatoire chaque fois que la justice l’exige, qu’un certificat ait été délivré ou non.
« La justice ne devrait pas exiger qu’une peine injuste soit imposée avant qu’une peine juste puisse lui être substituée », a ajouté l’association.
L’AAJ a déclaré que le pouvoir de la cour d’appel de fixer une peine appropriée ne devrait pas dépendre d’un certificat du juge de première instance.
« Chaque fois qu’une peine liée aux armes à feu est dûment portée devant la Court of Appeal, celle-ci devrait disposer d’une autorité statutaire expresse pour imposer la peine que les intérêts de la justice exigent. »
L’association a aussi souligné que l’article 42K semble limité aux personnes qui ont été « jugées et déclarées coupables », ce qui pourrait exclure un recours équivalent pour celles qui plaident coupables.
Cette lacune, a-t-elle mis en garde, pourrait décourager les plaidoyers de culpabilité précoces et entraîner davantage de procès contestés.
Sans changement législatif, a déclaré l’AAJ, les avocats de la défense continueront de soulever des contestations constitutionnelles, des appels et d’autres démarches légitimes pour leurs clients.
Avec l’approche de la nouvelle session, l’association a appelé le Sénat à agir rapidement afin que les amendements puissent entrer en vigueur avant son ouverture.
« Le Parlement a l’occasion de renforcer, et non d’affaiblir, la législation jamaïcaine sur les armes à feu en restaurant l’équité, la proportionnalité et le pouvoir discrétionnaire des juges, tout en préservant des peines sévères pour les délinquants les plus dangereux. »
Syndiqué depuis Jamaica Gleaner · publié initialement le .
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